A l’image de ce portrait de Lewis Hamilton dressé sur le site lequipe.fr, je vous propose ce petit questionnaire préparé par Stéphane Vrignaud pour Eurosport pour tenter de mieux cerner le champion qu’est Lewis Hamilton.
HAMILTON EST-IL UN GRAND CHAMPION ?
Oui. Ses supporters le jugent à l’aune de ses exploits, ses détracteurs à la taille de ses défaillances, tout aussi monumentales comme au Canada. Mais la grande majorité des gens qui suivent la Formule 1 n’est pas aussi polarisée sur l’adoration ou la détestation, et voit surtout ce dont un pilote est capable dès que l’adhérence se précarise. En cela, sa victoire au Grand Prix de Monaco, après un accident en début de course, aura marqué les esprits et montré d’étonnantes ressources qui n’appartiennent qu’aux champions. Sa réaction sans appel en Chine, dans une atmosphère de défiance qui a pu avoir des aspects discriminatoires, aura prouvé sa force de caractère.
QU’AVAIT-IL DE PLUS CETTE ANNEE ?
L’expérience de la défaite de 2007. Son comportement en Chine, où il a fait à l’endroit ce qu’il avait fait à l’envers un an plus tôt, puis au Brésil, où seul un top 5 l’intéressait, ont montré qu’il savait enfin réfréner son tempérament d’attaquant parfois aveugle. Son adaptation précoce à l’électronique standard – bannissement de l’antipatinage – lui a fait économiser dès le début de saison quelques erreurs que Felipe Massa a payées cash dès le premier virage de l’année, en Australie, et puis encore en Malaisie. Agressif en diable, il a ébloui à plusieurs reprises sous la pluie, priant à Spa pour que le ciel lui vienne en aide. La pluie est son alliée comme elle l’était pour Senna et Schumacher.
QUE PEUT-IL FAIRE DE MIEUX ?
Adopter un comportement exemplaire en piste pour gagner le respect de ses pairs, à peu près tous ligués contre lui à part ses potes du temps du karting (Rosberg) ou de la F3 (Sutil), son équipier actuel (Kovalainen) et la colonie britannique acquise par reflexe à sa cause. Il a été taxé d’opportuniste après l’épisode controversé de la chicane belge, et traité d’arrogant après son freinage nombriliste sur le même Räikkönen au départ au Japon ; et on ne parle pas de son carton rouge au Canada sur sa cible finlandaise préférée… Ces grands champions qu’étaient Ayrton Senna et Michael Schumacher avaient des penchants jusqu’au-boutiste et manipulateurs et il est pour l’instant à classer dans cette catégorie. Beaucoup attendent une attitude plus apaisée en 2009.
EST-IL UN CHAMPION AUTONOME ?
Oui ! Il a pris cette année son indépendance technique chez McLaren comme l’avait fait autrefois Alain Prost et Ayrton Senna. Alain Prost avait fait cavalier seul en 1985 après avoir appris les dernières ficelles de la mise au point de Niki Lauda l’année précédente. Idem pour Ayrton Senna, qui avait souvent louché sur les réglages du Français en 1988. L’alliage de la jeunesse et de l’expérience avait naturellement distribué les rôles en 2007 chez les Gris, où Fernando Alonso débarquait. A la clé, un apprentissage au prix fort pour le débutant britannique, qui reprenait souvent les réglages de train arrière de la MP4 de l’Espagnol. L’impétrant avait aussi payé en course un set-up souvent plus agressif sur le train avant, notamment en Turquie ; deux points qui avaient fait cruellement défaut au bout du compte. Les problèmes d’ajustements sur sa MP4-23 rencontrés en début de saison ont fait ressurgir les fantômes ibériques et quelques ricanements. Mais ce fût là son mérite de se débrouiller seul. On peut ajouter que Heikki Kovalainen, trop nouveau dans l’équipe, n’a pas pu l’aider dans cette tâche. Le Finlandais transfuge de Renault, ne l’a pas non plus boosté sur le plan comptable au championnat, puisqu’il n’a pris qu’un point à Felipe Massa, en terminant 2e en Italie.
SON SACRE EST-IL HISTORIQUE ?
Oui, à plus d’un titre. Depuis 2000, il fallait invariablement une Ferrari ou une Renault pour se couronner. Premier pilote McLaren sacré depuis Mika Häkkinen, en 1999, il marque de fait le retour historique de Woking au sommet, après la plus longue disette mondiale de l’écurie britannique, dans la salle d’attente des trophées pendant huit ans entre James Hunt (1976) et Niki Lauda (1984), puis sept ans entre Ayrton Senna (1991) et de Mika Häikkinen (1998). A 23 ans et 300 jours, il est aussi le plus jeune champion, dépossédant en la matière son meilleur ennemi, Fernando Alonso. Sa consécration arrive aussi 12 ans après celle du dernier Britannique parvenu au firmament, en 1996 (Hill).
A-T-IL TOUT GAGNE CETTE ANNEE ?
Non ! Ron Dennis, le président-directeur général de McLaren Group, lui avait promis un exemplaire de la dream car McLaren F1, bijou de quelque 1 million de dollars sorti en 1993, vainqueur des 24 Heures du Mans 1995, à la condition que McLaren remporte les titres Pilotes et Constructeurs cette année…
EST-IL UN PARVENU ?
« C’est un privilégié, il a débuté chez McLaren sans avoir prouvé qu’il méritait une bonne voiture », entend-t-on souvent. Issue de la classe sociale moyenne, soutenu depuis dix ans par Ron Dennis, l’as du volant n’a jamais eu d’autre certitude qu’un complément de budget pour courir dans de bonnes conditions. Suivant un principe strict : gagner pour accéder à la catégorie supérieure. Il a été champion d’Europe de karting en 2000 mais tout a failli s’arrêter pour lui en 2002 lorsqu’il buta sur le titre de Formule Renault britannique (3e), et demanda à Dennis de passer à la F3… Il encaissa le refus du boss et opposa un titre rageur l’année suivante. Par fidélité, il continua avec Manor, pourtant pas la meilleure équipe de F3, et c’est en qualité de meilleur rookie qu’il intégra ASM pour tout croquer en 2005. Il en fit de même en GP2 2006 avec l’équipe française (ART). Mais tout ça sans la saveur de la F1, Dennis refusant de brûler les étapes. Pourtant, Rosberg avait favorisé son titre GP2 2005 et son entrée en F1 en testant plus d’un an avec Williams, et Vettel avait bénéficié de la même préparation en amont chez BMW, avant d’arriver fin prêt chez Toro Rosso. Titre GP2 en poche, Hamilton n’eut l’accès à la McLaren qu’en septembre 2006, et plutôt dans l’optique d’un poste de N.3 pour 2007. En son temps, Honda avait formé Sato, Renault avait préparé Kovalainen et Piquet. Mais on le voit, la réussite du couple Hamilton/McLaren reste une exception qui tend à faire passer le surdoué pour un parvenu.


[...] A voir également cet article sur ce que représente le sacre de Lewis Hamilton. [...]
C’est un tres beau champion du monde, qui a su mettre ses erreurs à profit. Il est très rapide en course, il fait le spectacle, il nous régale à chaque course. Bravo, bravo et merci pour tout ce suspense. merci également à massa pour sa très belle année, et vettel ( futur concurrent d’hamilton???)
C’ est un « beau champion », dans tous les sens du terme et c’ est un point de vue féminin. Les prénoms de Hamilton(Lewis Carl) me rapelle le nom d’ un autre champion, Karl Lewis, le fameux sprinter noir américain des années 80. En tous cas, bravo au nouveau champion et bonne continuation.Sa caravane passe, les chiens aboient. C’ est tout ce qui leur reste à faire…C’ est quand meme moche la haine.