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Lewis Hamilton

GP de Grande-Bretagne: Conférence d’après course de Lewis Hamilton

L’interview complète réalisée à l’arrivée du GP de Grande-Bretagne.

Vous avez commencé la saison par une victoire, vous avez remporté le grand prix de Monaco, mais là c’était votre moment. Décrivez-nous vos émotions lors du tour d’honneur après votre victoire.

Lewis Hamilton : C’est vraiment, de loin, ma plus belle victoire. Ce fût l’une des courses les plus dures que j’aie jamais faites. Je me disais en pilotant “Si je la gagne, elle comptera parmi mes plus belles”. Pas seulement parce que c’est à la maison mais aussi pour la façon dont j’ai pilotée l’une des mes meilleures courses. Dans les derniers tours, je regardais la foule levée et je priais, priais, priais, pour rester sur la piste et finir. Vous ne pouvez pas imaginer l’émotion que j’ai ressentie au fond de moi. J’avais besoin de pousser pour qu’elle vienne à moi et nous l’avons fait. L’équipe a fait un boulot fantastique. Je veux dédier cette victoire à ma famille, car comme vous le savez nous avons eu des difficultés lors des deux derniers week-ends (de course). Ce fût rude mais comme toujours ma famille m’a soutenu. Avant la course, mon frère m’a dit “Ne t’en fais pas, tu vas être bien sur le mouillé”.

Lewis Hamilton podium

Une victoire incroyable avec plus d’une minute d’avance. Vous avez connu des grands moments mais aussi certains plus difficiles.

L.H. : Les conditions étaient si extrêmes, probablement dans certains cas autant qu’à Fuji l’an passé (Grand Prix du Japon) même s’il ne pleuvait pas autant. C’était si piégeur. Et puis, j’avais de gros problème pour voir à travers ma visière, spécialement sur le côté droit qui s’embuait. Dans les virages 1 et 2, je devais relever ma visière pour la nettoyer à l’intérieur pour la rabaisser. J’ai aussi dû le faire avant Stowe. J’ai du le faire à chaque tour et spécialement lorsqu’il a commencé à pleuvoir. Lorsque Rubens [Barrichello] revenait, je ne voyais rien dans mes rétroviseurs. Et tout ce que je pouvais voir, c’était mon moteur. Quand il s’est présenté, je me suis dit : “Oh, mon Dieu !”. Je l’ai laissé passer en restant à l’intérieur. Tout ça était si dur, c’était un vrai défi mental.

Et quand la pluie a commencé à tomber, qu’avez-vous pensé du fait de rester avec des pneus pluies plutôt que de passer sur des maxi pluies?

L.H. : Par chance, nous avons commencé avec un train ‘pluie’ (inter) neuf et nous en avions un autre rodé que nous avions l’intention d’utiliser. Quand il a fallu prendre une décision, il ne fallait pas faire d’erreur. L’équipe a pris une bonne décision, elle a très bien analysé les prévisions météo et je me suis concentré à ne pas commettre de faute en course. Un grand merci à elle”.

Aviez-vous réglé la voiture pour une course sous la pluie ?

L.H. : Pas vraiment, la voiture était réglée pour la séance de qualification et ensuite pour la course, même si c’est humide, vous n’avez pas le droit d’effectuer des changements. On a juste braqué un peu différemment les ailerons et c’est à peu près tout. Au final la voiture était bien, un peu sur-vireuse dans certaines situations mais ça allait. Maintenant je suis content que ce soit terminé.

Qu’est-ce que cela vous fait personnellement, physiquement et mentalement d’avoir gagné?

L.H. : Ça m’a demandé une énorme débauche d’énergie de rester concentré. J’avais besoin d’être à cent pour cent, pas plus, pas moins. J’avais beaucoup de pression cependant. J’ai réalisé un travail fantastique, je voulais juste rapporter un point. J’aurais été heureux de terminer huitième, et donc avec cette approche, je suis juste resté décontracté et calme. C’était très important d’avoir mes 3 C: Cool, Calme et serein (Cool, Calm and Collected en anglais, ndl). Ça m’a beaucoup aidé. C’était un véritable défi mental.

Le début de course était fou quand vous avez essayé de passer Keikki Kovalainen.

L.H. : Oui c’était très serré. J’ai pris un bon départ mais pour être honnête, j’ai soulagé trop tôt dans le virage numéro un. Heikki était à l’extérieur, il avait donc l’adhérence mais malheureusement j’étais à l’intérieur et je glissais. Il n’y avait rien que je puisse faire pour l’éviter.

Votre héros Ayrton Senna était un as sous la pluie. Avez-vous appris quelque chose de lui lorsque que vous avez étudié toutes ces vidéos ou est-ce juste votre capacité à bien piloter sur une piste mouillée?

L.H. : Il n’y a pas grand chose que je puisse prendre à Ayrton. Tout ce que je sais c’est qu’il était très spectaculaire sur piste mouillée et en grandissant, c’était quelque chose que je voulais apprendre aussi. J’ai juste travaillé très très dur pour en arriver là. J’ai pris les virages naturellement, je suis très sensible. Je me sens à l’aise sous la pluie; je sais où il faut accélérer et où il ne faut pas. Je pense que c’est ce qui donne le résultat.

Vous semblez avoir la capacité à garder votre concentration dans ces conditions quand la moitié de la grille la perd. Quel est votre secret?

L.H. : Je n’ai pas de secret particulier, c’est juste ma façon d’être. Comme je l’ai dit avant la course, j’ai réussi à acquérir beaucoup d’énergie et j’étais en mesure de la contrôler dans la bonne direction et de l’utiliser à bon escient. Mais aujourd’hui (dimanche) ce n’était pas un défi physique; c’était juste mental, juste mental! Je ne sais pas comment j’ai fait mais je l’ai réalisé et c’est la chose la plus importante.

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