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Opinions

Hamilton/Alonso

Un article en deux parties qui en dit long sur l’état d’esprit respectif des deux pilotes de l’écurie McLaren. La première partie est consacrée aux déclarations de Lewis Hamilton après le grand prix d’Italie. Hamilton y décrit sa course et rend hommage à son équipe et à son coéquipier Fernando Alonso pour le travail remarquable que celui ci-fait.
Dans la seconde partie de l’article, je me permets la reproduction d’une chronique du journaliste canadien Philippe Crépeau qui suit la F1 depuis plus de 15 ans pour Radio-Canada. Philippe Créneau revient dans un article intitulé “Alonso joue mal” sur l’attitude pour le moins égoiste de Fernando Alonso durant le grand prix de Monza.

Premiere partie:
Un premier virage intéressant, aux côtés de Felipe Massa…

Lewis Hamilton : Je n’ai pas pris le meilleur départ qui soit, de la partie sale de la piste. Felipe [Massa] est passé mais j’ai freiné très tard par rapport à Fernando [Alonso] et Felipe, et j’ai été proche de passer Fernando mais Felipe m’a un peu bousculé (la McLaren a été déséquilibrée en tapant de l’arrière droit la roue avant gauche de le Ferrari) et m’a renvoyé large dans la seconde partie de la chicane. Puis, j’ai eu une seconde chance au restart mais Fernando a fait du super boulot pour se garantir un écart suffisant à la sortie du dernier virage. Je n’ai rien pu faire contre ça. Et puis, au milieu de mon deuxième relais, j’ai fait un plat sur mes pneus avant et j’ai eu des vibrations. J’ai pensé avancer mon premier pit stop car je n’étais pas sûr que les vibrations n’aboutiraient pas au même résultat qu’en Turquie. J’ai donc assuré les points.

Après votre second pit stop, les vibrations ont-elles disparues?

L.H. : Oui.

Vous avez fait un superbe dépassement que Kimi [Räikkönen], plus tard…

L.H. : Lors du second pit stop, je savais qu’il allait s’arrêter avant moi et que la clé était d’optimiser mon entrée et ma sortie de pit lane. En ressortant, je me suis dit qu’il était trop loin devant moi. Mais dans les deux premiers tours, j’ai tiré le maximum de mes pneus avant que leurs performances ne déclinent. De plus, il était en pneus plus durs. Je suis parvenu à faire deux bons tours. Les pneus ont été super et j’ai eu une opportunité. Kimi a été très, très correct. J’avais absolument besoin de ces points pour le championnat. Je voulais aussi faire ce dépassement pour l’équipe. Je sais à quel point ils ont travaillé dur. Après le doublé en qualification, je voulais ajouter la cerise sur le gâteau. L’équipe a fait un super boulot, elle a réalisé un gros progrès.

Dans votre dernier relais, vous avez paru relâcher votre effort…

L.H. : J’étais dix secondes derrière lui. J’avais roulé deux secondes derrière lui sans pouvoir le rattraper. J’ai attaqué les deux tours (et doublé Räikkönen) et quand j’ai vu Fernando devant moi, j’ai constaté qu’il était chanceux en termes de trafic. Je voyais que j’allais doubler les retardataires aux mauvais endroits, et perdre une demi-seconde. A la fin, je me suis dit qu’il fallait voir l’arrivée.

Y avait-il une différence entre les “medium” et les “tendre” ?

L.H. : Il y a toujours une différence. En tests (la semaine précédant le grand prix), les plus tendres développaient beaucoup de grainage. Là, il y avait moins de grainage mais plus d’effritement ou de bullage. Mais les pneus étaient super, spécialement les “tendre”.

Fernando vous a repris des points sur les derniers grands prix. Comment voyez-vous cette lutte ?

L.H. : Il a fait un boulot fantastique lors des deux dernières courses, j’ai eu deux contre-temps avec mes pneus et ce week-end, il est allé plus vite que moi. Mais lors de la dernière course (Turquie), j’étais plus rapide tout le week-end. A chaque course, c’est une histoire un peu différente.

Deuxieme partie:

Alonso joue mal

Bonjour à tous,

Fernando Alonso marche sur un fil de plus en plus mince.

Par ses déclarations, son attitude détachée, on sent très clairement que l’Espagnol veut ce titre des pilotes pour lui-même. Pour le mettre dans sa poche à la fin de la saison, et l’apporter chez ceux qui l’accueilleront comme un vrai pilote numéro un.

On sent de plus en plus qu’il ne veut plus faire partie de la famille McLaren. Il n’a pas aimé qu’on ne définisse pas clairement les rôles quand Lewis Hamilton a concrétisé en piste tout le bien qu’on disait de lui.

Il y a d’abord eu malaise entre les deux pilotes et on comprenait sa position, compte tenu de son rang. Mais maintenant, le malaise s’est généralisé à toute l’équipe, et son attitude se retourne contre lui.

Fernando Alonso n’aime plus cette équipe et se donne beaucoup de mal pour le montrer publiquement.

Qu’il n’apprécie pas le traitement - obligé - que McLaren réserve maintenant à Lewis Hamilton, en raison de ses succès, c’est une chose, mais qu’il se dissocie publiquement de son équipe en est une autre.

Encore ce week-end à Monza, il a montré toute son indifférence envers l’équipe britannique qui tente de rester unie dans la tourmente du scandale d’espionnage.

Tous les commentateurs ont remarqué qu’il n’a pas salué son équipe à la ligne d’arrivée et qu’il n’a pas répondu aux félicitations de son ingénieur par radio dans son tour d’honneur.

Surtout ne pas mentir

Pourquoi prétendre qu’il allait trop vite pour s’approcher du muret sous le drapeau à damier? Trouvez-vous cela drôle? Je trouve cela navrant. Mentir à l’autre, c’est ne plus le respecter.
Fernando Alonso et son hans

Sur ITV, on peut lire ses propos sur la valeur du titre des constructeurs, moindre à ses yeux quand il y a des « problèmes dans l’équipe ». Puis, il parle de « la chance » que l’équipe a d’avoir une voiture rapide.

Il a tant vanté le travail de Renault pour lui permettre de remporter ces deux titres qu’il peut difficilement parler de chance cette année sans laisser transpirer ses sentiments envers McLaren. Se considère-t-il à ce point comme le sauveur de l’équipe? Il oublie lamentablement tous ces gens qui travaillent à l’usine à améliorer la MP4-22.

Qu’il ne soit pas solidaire de l’équipe qui lui offrira peut-être un troisième titre et qui le paie cher, au moment où elle traverse une tourmente qui pourrait la couler, c’est faire preuve d’immaturité et d’un manque flagrant de jugement.

Les victoires de Fernando Alonso ne suffisent plus à McLaren. Elle a besoin que tous ses employés soient solidaires. Or, il a choisi de ne plus l’être et de faire la vie dure à son employeur.

Cette attitude négative et destructrice (par opposition à constructive) ne peut que lui nuire. Les patrons d’équipe sauront lui rappeler quand il devra négocier ses prochains contrats.

À très bientôt.

Sources: Eurosport pour l’interview de Lewis Hamilton et Radio-canada.ca pour la chronique de Philippe Crépeau.

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