Sebastian Vettel remporte le GP d’Italie

Par Samuel

Le podium du Grand Prix de formule 1 de Monza, dimanche 14 septembre, a pris des airs de relève de la garde. Sur la plus haute marche, l’Allemand Sebastian Vettel, 21 ans, a laissé éclater sa joie, après avoir triomphé de la pluie pour emporter la première victoire de sa carrière, et offert un premier trophée à son écurie Toro Rosso. Plus jeune pilote de l’histoire de la formule 1 à gagner une course, il a nettement devancé sur la ligne d’arrivée Heikki Kovalainen (McLaren-Mercedes) et Robert Kubica (BMW-Sauber). Kubica, 23 ans, a lui aussi emporté un Grand Prix pour la première fois cette saison. Les deux pilotes font partie d’une nouvelle génération prête à prendre les commandes de la F1, dont Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes), 23 ans, est le fer de lance.

Tout a souri à Sebastian Vettel pendant ce week-end de Grand Prix italien. A commencer par le temps. Un temps de chien qui a trempé les essais, et qui a continué pendant une partie de la course, déréglant les performances et la tactique bien huilées des grosses écuries.

Sebastian Vettel et son coéquipier chez Toro Rosso, le Français Sébastien Bourdais, ont brillé lors des qualifications. L’Allemand s’est donc élancé de la pole position, tandis que le pilote manceau a pris la quatrième position sur la grille de départ. Si le Français, très malheureux, a calé sur la grille de départ pour ensuite finir 18e, le jeune Allemand a, lui, fait la plus grande partie de la course en tête, évitant ainsi, avec une étonnante maîtrise, de souffrir du manque de visibilité provoqué par la pluie.

Cette victoire est une belle performance pour Toro Rosso. Cette équipe, née de la reprise fin 2005 de l’équipe italienne Minardi par l’écurie Red Bull, est une sorte de petite soeur de cette dernière, dotée de moins de moyens. Codétenue par Dietrich Mateschitz, le patron de la société de boisson énergisante, et l’ancien pilote autrichien Gerhard Berger, elle a signé dimanche son premier succès.

BEL AVENIR

Installée à Faenza, près de Bologne, et disposant d’un moteur Ferrari, Toro Rosso était à Monza comme dans son jardin. Jusqu’alors habituée au fond du classement, elle a tiré le meilleur de la technologie que lui fournit Red Bull. Déjà, le 7 septembre pour le Grand Prix de Belgique, à Spa, Sébastien Bourdais avait montré les progrès récemment effectués par Toro Rosso.

S’il n’est pas encore connu du grand public, Sebastian Vettel a déjà eu l’occasion de faire parler de lui dans les paddocks. En 2003, à 16 ans, il fait ses débuts en sport automobile en championnat d’Allemagne de formule BMW, où il termine deuxième, dès sa première saison. En 2005, il passe à la formula 3 Euroseries où évolue aussi Lewis Hamilton, puis il rejoint la F1 pendant l’été 2006, comme troisième pilote au sein de l’écurie BMW-Sauber. Il effectue ensuite ses débuts en F1 au Grand Prix des Etats-Unis en 2007, où, à 19 ans, il se classe huitième.

Soutenu par Red Bull dans le cadre de sa filière de jeunes pilotes, Vettel a été, dimanche, à Monza, le premier Allemand à s’imposer en F1 depuis Michael Schumacher, qui lui promet un bel avenir.

Les prétendants au titre de champion du monde ont été moins heureux sous la pluie et ont fini la course loin de Sebastian Vettel, Felipe Massa (Ferrari) en 6e place, Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes) en 7e place et Kimi Raikkonen (Ferrari) en 9e place. Du coup, la course pour le titre devient très serrée, puisque Hamilton n’a qu’un point d’avance sur Massa, tandis que Robert Kubica est à treize points du Brésilien, alors qu’il reste quatre Grands Prix à courir.

Article Lemonde.fr par Bertrand d’Armagnac