Lewis Hamilton à propos de son équipe, sa copine et sa vie après la F1
Par Samuel
Je me permets de reproduire ici cette interview de Lewis Hamilton. Le journaliste Adam Hay-Nicholls a rencontré Lewis Hamilton dans le paddock d’Istanbul. Le pilote McLaren a discuté de son équipe, de sa copine et de ses ambitions de carrière post-F1.
Félicitations à Nicole [Scherzinger, qui venait de remporter un concours de danse à la télé américaine]. Tu te vois participer à ce genre d’émission ?
Jamais [rires] ! Non… Il ne faut jamais dire jamais, mais ça ne fait aucunement partie de mes plans. Après l’avoir vue passer par le stress, la fatigue, la pression et tout le reste, je ne sais pas si je serais en mesure de faire ça. Elle a été incroyable au cours de cette émission : c’était six à neuf heures de répétition tous les jours. Il y avait le show le lundi et mardi, ensuite elle devait apprendre deux nouvelles danses le mercredi, jeudi, vendredi et samedi, et c’était le retour à la compétition. Ça peut prendre cinq mois pour bien apprendre le tango, et elle l’a fait en trois jours. Je ne pourrais faire ça. Je vais m’en tenir au pilotage.
Est-ce que tu aimes passer plus de temps à Los Angeles ?
Oui, chaque fois que je m’y rends, j’y passe habituellement une journée, je vais voir le show et je repars. J’ai hâte d’être en été car je pourrai passer plus de temps avec elle et elle viendra me voir en Suisse. J’aime bien L.A.
Tu es toujours à la recherche d’un manager [puisque tu as séparé ta vie professionnelle de celle de ton père]. Quels sont les éléments clés recherchés ?
Je dois trouver un manager, mais ce n’est pas urgent actuellement. Je ne me suis pas assis pour considérer des candidats, je prends simplement mon temps. J’ai besoin d’une personne que peut gérer mes affaires en Formule 1, mais j’ai aussi besoin d’une personne qui pourra m’aider à construire ma marque et mon image au niveau global.
Est-ce-que tu t’imagines devenir comme [David] Beckham ?
Non, je parle en termes d’élargir les opportunités. Il y a d’autres marques avec lesquelles j’aimerais être associé à l’avenir et il y a des choses que j’aimerais faire lorsque je me retirerai de la Formule 1 un jour; je ne planifie pas de rester ici. Je ne pense pas devenir commentateur. J’aimerais faire quelque chose de nouveau et différent, comme devenir acteur ou faire de la musique. Faire quelque chose de différent.
Tu aimerais devenir acteur ?
Oui, j’aimerais apprendre. J’ai fait de la course automobile toute ma vie, ce serait cool de faire quelque chose d’autre.
Pourrais-tu faire ça en parallèle à la F1 ou faudrait-il attendre ta retraite ?
Non, c’est impossible. Je veux dire que je ne sais même pas si je sais jouer la comédie, mais ce serait cool d’être ne serait-ce que le gars en arrière-scène. Je ne pense pas avoir le potentiel de Brad Pitt, mais qui sait. Ce serait cool d’apparaître dans des vidéos de musique.
Tu as joué aux côtés de Steve McQueen [vidéo intitulée "The Duel" ci-dessous], alors j’imagine que ce serait comme une continuation…
Ouais, et on m’a dit que je n’étais pas si mauvais !
Je sais que tu aimes les films de 007. Si les réalisateurs de Bond t’offraient un petit rôle dans le prochain film, tu dirais oui ?
À cent pour cent ! Je pourrais montrer à Bond comment conduire [rires].
Tout le monde parle de tes oreilles percées. Tu dois être fatigué d’entendre des questions là-dessus…
Non, je tente de détourner l’attention de tout le reste [rires]. Je dois détourner toute cette attention de Mark Webber !
Pour revenir à la course, quelles sont tes chances pour le championnat ?
Je crois que c’est ouvert actuellement. Red Bull est incroyablement forte, c’est certain; leur voiture est très bonne. Mais Ferrari a une très bonne base, et je pense que nous avons une très bonne voiture et de bonnes idées pour les rattraper. Il reste encore plusieurs courses à compléter. Je pense qu’il s’agira du plus serré championnat de l’Histoire. Je suis positif et je pousse toujours aussi fort que possible.
As-tu hâte pour Austin, au Texas ?
Euh… Oui, mais c’est encore loin et je n’y ai pas vraiment pensé. Je pense que c’est super de retourner aux États-Unis. On ne peut pas vraiment appeler ça un championnat mondial sans que l’Amérique soit un des Grands Prix car c’est un pays si immense.
Es-tu déçu de ne pas aller à New York ou Las Vegas ?
Je ne suis pas déçu, non. Ce serait cool d’aller à New York ou à Las Vegas à l’avenir car ce sont deux villes incroyables, mais je ne sais pas si nous y irons un jour.
Bernie [Ecclestone] parle de 24 courses. Ce serait un peu épuisant, non ?
Ça fait beaucoup de courses. Plus de courses, mieux c’est, ça ne me dérange pas. Mais 24 courses, wow ! C’est déjà énormément de déplacement. Mais je crois que ça pourrait être bon.
La nouvelle compagnie de ton père – GP Prep – va offrir aux aspirants pilotes de F1 du temps de piste au volant de monoplaces de F1 récentes. Quel est le concept, a-t-il acheté des voitures, es-tu impliqué ?
Je n’ai pas d’idée; pour être franc, je n’y ai pas porté beaucoup d’attention. Il n’a pas acheté de voitures. Je crois qu’il négocie encore avec des équipes, mais je crois que McLaren va fournir quelques voitures. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas l’opportunité de piloter une Formule 1, alors ça vise les pilotes de GP2 et de F3. Ils paieront un certain montant par journée d’essai.
Mais c’est pour les professionnels, pas des clients corporatifs ?
Oui, c’est pour des gens qui veulent avancer.
Es-tu impressionné par la rapidité d’adaptation de Jenson [Button] au sein de l’équipe ?
Oui, mais nous ne lui avons pas compliqué la tâche. Nous avons fait notre possible pour qu’il se sente accueilli dans l’équipe et qu’il soit performant aussi rapidement que possible. Ils ont fait la même chose lorsque j’ai rejoint l’équipe. Ils m’ont donné les meilleurs outils et les meilleures ressources pour que je puisse me préparer pour mon premier Grand Prix, et c’était la même chose pour lui. Je crois qu’il s’agit du reflet de tout le boulot de l’équipe et de l’opportunité qu’elle lui a offerte.
Penses-tu rester chez McLaren toute ta carrière, ou aimerais-tu relever un autre défi avec une autre équipe ?
Je crois qu’il est encore trop tôt pour le dire. Tout ce que je sais, c’est que je suis heureux ici. Je suis avec cette équipe depuis longtemps et je ne me vois nulle part ailleurs. C’est où je veux être, aussi longtemps qu’ils souhaitent me garder. Je suis certain que tout le monde vit des changements à certains moments de leur vie, et je ne sais pas quand ce le sera [pour moi]. Chaque année est un nouveau défi de toute façon : vous développez une nouvelle voiture, il y a de nouveaux ingénieurs, de nouveaux règlements. L’équipe fournit une très bonne base. C’est cool lorsque vous vous rendez au travail et que vous adorez ça; c’est le meilleur boulot.
Est-ce que les défis de l’année dernière, soit le fait de débuter avec une voiture non compétitive et de ne pas être en mesure de défendre ton titre, ont fait de toi un meilleur pilote et rendu cette année plus facile ?
C’est très dur pour n’importe qui [de passer d'une voiture compétitive à une non compétitive]. Heikki [Kovalainen, son coéquipier l'année dernière] est dans cette situation chez Lotus, il doit travailler avec l’équipe pour les soutenir et donner de l’inspiration. Je crois que cela démontre votre force intérieure. Vous devez continuer à travailler et croire qu’il en sortira quelque chose de bon. J’ai continué à y croire [l'année dernière], et nous sommes arrivés en Hongrie et finalement c’était notre chance. Ça valait plus que toutes ces mauvaises courses pour arriver à cette victoire.
Source : ESPN F1