Entretien avec Lewis Hamilton
Par Samuel
Voici une traduction de l’interview accordé par Lewis Hamilton au site autosport.com. Il y parle de la nouvelle saison et de son impatience d’en découdre. Il aborde aussi dans la deuxième partie de l’entretien la décision de se séparer de son père en tant que manager.
Note : L’entretien est long et la traduction est un exercice plus compliqué qu’il n’y parait. J’ai essayé dans l’ensemble de rester le plus fidèle possible au texte d’origine. J’ai à deux ou trois endroits pris quelques libertés tout en faisant attention à ne pas travestir le sens. N’hésitez pas à suggérer une traduction alternative si vous pensez que le les propos ont été déformés ou si vous pensez avoir une meilleure traduction.
Les essais sont finis, il semble que McLaren dispose d’une voiture pour jouer les premiers rôles. Es-tu impatient devoir ou en est l’équipe ?
Lewis Hamilton : Oui. Plutôt que de dire impatient je dirais que j’en suis tout excité. Je pense que ça sera la saison de F1 la plus excitante à ce jour. Il y a tellement de voitures qui sont si proches en terme de performance. Ça sera très important de réussir son tour de qualification – et ça fera la différence si tu te réfrène un peu. C’est le genre de truc qui vite feras perdre une pôle position.
Cela change-t-il d’avoir quatre équipes à la lutte sur la piste, et nous ne savons pas vraiment où elles en sont d’un jour à l’autre ? Mercedes GP pourrait par exemple très bien prendre la tête avec les améliorations qu’ils vont recevoir à Bahrein ou très bien en rester où ils sont actuellement ?
Lewis Hamilton : Il y a cinq bonne équipes. Ferrari, Red Bull, McLaren, Mercedes et (BMW) Sauber. Et même Force India qui était rapide. Adrian (Sutil) a fait de très bons temps l’autre jour et il avait une bonne charge en essence. Alors qui sait ?
Le plus souvent pour un pilote, une saison de F1 c’est une bagarre en tête à tête avec deux mecs qui se battent pour le titre. Cette année, il y a quatre champions du monde, huit pilotes rapides dans les quatre meilleures voitures. Est-ce particulier le fait que les choses se sont passées ainsi.
Lewis Hamilton : Oui, absolument. Avant, quand Fernando (Alonso) était avec Renault, la voiture n’était pas si rapide et il n’était pas devant pour se battre avec nous. Et part ailleurs vous aviez les Brawn qui étaient juste intouchables. Et Ferrari menait un jour, ou alors la McLaren.
Maintenant on a quelques équipes qui peuvent toutes prendre le virage 3 à Barcelone au mêmemoment et être dans le coup. Tu dois alors être bien physiquement, tu dois être en alerte et tu dois savoir comment prendre soin de ta voiture.
Les leçons de l’année dernière t’aident-elle ? Le fait que vous vous soyez battus pour amener un voiture de derrière vers l’avant, peuvent-elles servir pour une lutte pour le titre ?
Absolument. Je pense que j’ai grandi l’année dernière, comme vous le fais chaque année. J’ai beaucoup grandi avec l’expérience, dans les difficultés, j’en suis sorti un homme meilleur, et un meilleur être humain. J’ai été plus sage et j’ai une meilleur compréhension de ce que je suis et ce que j’ai. Je pense qu’en terme de travail avec l’équipe – c’était une situation unique pour nous de ne pas gagner.
Mais au lieu de laisser tomber, j’ai essayé de tourner la frustration ou le négatif en positif. Je les poussais « allez les gars, on peut y arriver. On avance; la voiture est meilleure avec ce set-up ». Le but était de les motiver.
On avait donc beaucoup de meetings et beaucoup de discussions. Je me tenais devant eux et je leur disais : « Allez les gars, vous avez fait un méga travail, nous pouvons vraiment les battre! » Et je leur parlais aussi de la compétition avec les autres équipes : « Je veux vraiment battre ceux-la, et vous savez qu’on peut y arriver! » Ces discussions donnait du morale à l’équipe et me donnait du morale aussi. Cela me rendait fort.
Hors piste, les choses n’étaient pas au mieux non plus. Il y a eut les difficultés avec ce qui s’est passé avec les commissaires en Australie, et des difficultés avec la presse. Traverser ça, bien que pas très plaisant à l’époque, cela a-t-il aidé à comprendre des choses sur toi-même ?
Lewis Hamilton : Je pense que oui. Je pense que tu apprends avec ces événements parfois traumatiques et tu apprends des temps difficiles. Cela t’aide à te façonner en tant qu’individu. J’ai fais un grand pas avec cette expérience, et le reste de la saison en a été meilleur aussi.
J’ai été chanceux d’avoir le support de mon équipe – et nous sommes comme une famille dans cette équipe. J’y suis depuis des années, les gars me connaissent bien – et vice versa. J’avais aussi ma famille auprès de moi, me supportant tout le temps et mes amis. Alors heureusement, avec leur aide et leur support cela m’a aidé à traverser cette épreuve.
Qu’est ce qui est différent à propos de Lewis Hamilton lors qu’il s’apprête à débuter la saison ? Est-ce simplement une évolution normale des choses ?
Lewis Hamilton : Je le pense. Je me sens plus fort en tant que pilote en terme d’outils à ma disposition pour m’en sortir dans certaines situations. C’est surtout vrai pour ce qui est de comprendre la voiture, les pneus et toutes ces choses – et mon implication dans cette nouvelle voiture.
C’est sympa quand vous avez votre part dans la façon dont les choses se sont passées, tu montes dans la voiture et tu es confortablement assis, tu es bien et tu te sens bien – en plus c’est mieux que jamais auparavant. C’est un sentiment vraiment satisfaisant. Mais j’ai 25 ans maintenant et j’avance! C’est ma quatrième année en F1, alors les choses évoluent doucement et changent, en mieux je pense.
Votre père a été cette lumière qui t’as guidé – tu as souvent dis ça par le passé – mais tous les sportifs adultes ne sont pas managé par leur père. Seras-tu toujours conseillé par ton père, à ton avis ?
Lewis Hamilton : Peut-être pas, non.
Continue…
Lewis Hamilton : J’ai eu de la chance d’avoir mon père autour de moi tous le temps. Beaucoup, beaucoup de gens disaient que nous ne le ferions pas, nous n’y arriverions pas. Ils disaient que je ne pouvais pas avoir mon père en tant que manager, ça ne fonctionnerait pas. Personne n’a crus en nous et je crois que la raison à ça est que par le par le passé trop de parents s’en mêlaient trop rapidement. Ils critiquaient l’équipe de leur fils, disaient que la voiture n’étaient pas bonne – ils devenaient agressifs.
Mais mon père a été capable de se tenir à distance et tenir ses émotions à distance. Ils pensaient aux choses de façon plus logique et je ne pense pas qu’il y ait une autre personne comme lui. Personne n’aurait été capable de faire ce qu’il a fait. C’est extrêmement unique et et c’est pourquoi nous avons une si belle histoire. Je pense que c’est pourquoi certaines personne nous admire peut être en tant que famille – pour avoir fait ce que nous faisons en sachant d’où on vient.
Mais puisque tu le demandes, il va y avoir des changements qui auront lieu en temps utile.
Peux tu nous dire quels sont ces changements ?
Lewis Hamilton : J’ai 25 ans maintenant – et je crois que c’était inévitable que qu’il y allait avoir un changement à un moment. Ces dernières années on a regardé si on ne pouvait pas faire venir pour nous aider – en tant que conseiller, ou avec les sponsors ou quoi que ce soit. On a regardé et je ne me suis jamais senti confortable avec quelqu’un d’autre. J’aimais que mon père soit mon manager et s’occupait de mes affaire parce que j’ai confiance.
Les autres managers que vous avez sont des employés mais mon père c’est mon père. Je sais qu’il fait les choses pour de bonnes raisons et je peux lui faire confiance avec tout mon coeur.
Mais tous ce temps ou nous pensions à faire venir une personne de l’extérieur, nous n’avons jamais eu la confiance nécessaire pour franchir le pas. Nous somme à présent à un point ou nous sommes prêt à franchir ce cap – et je penses que c’est un pas en avant. J’ai 25 ans. Je suis mon propre homme maintenant, ça fait un moment que je suis en F1 et je n’aurais pas pu y être sans mon père. Il a fait un travail fantastique. Mais c’est fait maintenant.
Pourquoi cette décision arrive-t-elle maintenant ?
Lewis Hamilton : Alors qu’on mon père s’occupait de moi, des portes se sont ouvertes dans sa vie et il a commencé à avoir des idées géniales. Il travaille maintenant sur GP prep, qui est à mon avis une excellente idée. Il y a évidemment la GP2 et les autres catégories, mais prendre d’anciennes F1 qui ne sont plus utilisées et venir avec cette idée de les utiliser avec des pilotes qui n’ont pas la chance de conduire de vrais F1, avoir l’expérience et montrer de la vitesse, c’est fantastique. Il y a beaucoup d’enfants qui sont très bon mais qui n’ont pas la chance de le montrer avec un F1.
Je suis très fier de mon père. Et quasiment à chaque fois qu’il arrive avec une idée comme celle de GP Prep, je me dis « j’aurais aimé avoir pensé à ça » ou « j’aurais aimé le faire ».
C’était cependant inévitable, nous allions arriver à un point où il allait vouloir explorer ce qu’il peut faire. Il travaille dans le football, il travaille avec Mark Blundell, il s’occupe de Paul di Resta – qui n’aurait pas eu la la possibilité de tester une Force India sans mon père. Il s’occupe aussi de ce jeune qui fait du kart – Nyck de Vries – qui doit peser dans les 37kg! Mais Nick bat sur la piste des gars qui avaient l’habitude de courir contre moi, qui sont de niveau mondial, il fait maintenant parti du programme jeune pilote de McLaren.
Mon père a une bonne vision. En servant de notre expérience il peut aider d’autres jeunes – en F1 ou dans d’autres sports. Il peut les guider dans la bonne direction parce que c’est un homme intelligent.
Alors, il va être complètement en retrait ?
Lewis Hamilton : Oui. Il va se mettre en retrait, il a tellement de choses à faire que ça va li permettre de s’occuper de ses affaires. Le plus important pour moi est que je travaille avec mon père sur ma carrière depuis que j’ai huit ans, c’était difficile de faire des choses qu’un fils fait avec son père. Quand nous étions sur la piste, il était toujours mon manager, alors nous étions occupé avec les affaires pas avec des trucs père-fils.
Ce qui me rend vraiment heureux c’est d’avoir mon père juste comme un père. Je veux un manager qui s’occupe de tous les trucs stressants et autres et je veux faire des trucs qu’on fait normalement avec son père avec mon père. Je veux aller jouer au bowling avec mon père. Je veux aller en vacances avec lui. Je veux pouvoir dire « comment va GP Prep ? » Et je veux pouvoir lui raconter mes expériences mais comme à un père. Je veux avoir ça et construire ce type de relation. Tu vois, parce que mon père a toujours été mon manager et parce qu’on a toujours travaillé, je n’ai pas vraiment eu cette relation peut être depuis que j’étais enfant et nous sommes allé pour nous amuser à une compétition de voitures radio-commandées.
C’est ce que je veux et je vais avoir à un moment un manager. Mon père va me guider et m’aider avec la transition et même la sélection, mais en tant que père.
Mais le truc bien c’est que je suis ici chez McLaren pour les trois prochaines années au moins – et bien sur sans mon père je ne serais pas là. Mais nous sommes une famille chez McLaren, les mecs m’aident tous, il n’y a donc pas d’urgence à aller trouver un nouveau manager. On veut juste faire le bon choix au bon moment.
Ce n’est donc pas toi qui essaie de te débarrasser de ton père, unilatéralement ?
Lewis Hamilton : Non. Non. Non. I a toujours dit qu’à un moment, cela ne conviendra à aucun de nous deux de continuer ainsi. Mais père ne sera jamais celui qui dira quand parce qu’il était toujours soucieux de ce que je penserais si il le disait. Nous en avons parlé et je pense qu’il a compris que je suis un homme maintenant. Et je crois qu’il était un peu soulagé – c’était un poids en moins sur ses épaules. C’est une étape importante mais une étape à laquelle nous avons pensé depuis plusieurs années.
Mais ce qui est bien, les temps venu, je pourrais lui dire « viens sur la course avec moi ce week end ». Et la relation que nous aurons ce week end sera énorme. Je ne sais pas quelle relation tu as avec ton père mais je suis sur que tu ne fais pas d’affaires avec lui. Même si mon père est un bon businessman, le fait qu’il soit mon manager fait que c’est dur d’interagir comme père et fils. C’est inévitable.
Penses-tu que cette décision va aider ta concentration et ton approche du sport avant une saison aussi importante ?
Lewis Hamilton : Je pense que oui. Etre capable de prendre mes propres décisions, mes propres pas. Parfois les gens vous protègent, pour toutes les bonnes raisons, mais du coup vous ne faites pas l’expérience de certaines choses. Mais en fin de compte – tu ne peux pas oublier ça – mon père sera toujours mon père. Il sera toujours cet homme spécial qui a été mon mentor, qui a été la lumière qui m’a guidé. Je ne serais pas qui je suis ou où je suis sans lui.
Je suis extrêmement fier de mon père. Nous avons cette relation ou je peux aller courir le week end, faire mon travail, et je sais qu’il est fier de moi quand je suis sur la grille et je gagne. Et quand je ne gagne pas, il a toujours été d’un grand support. Je suis extrêmement fier de ce qu’il a sacrifié, ce qu’il a fait, et où il en est maintenant. J’aimerais penser qu’il aime la vie. Aime la vie parce que nous y sommes parvenus. Nous y sommes arrivés. Nous l’avons fait ensemble. Et il sera toujours là – et il ne pourra pas rester éloigné des courses à jamais.
Et viendra-t-il toujours aux courses ?
Lewis Hamilton : Pour le moment je sais qu’il a beaucoup à faire avec la société de management et GP Prep – la mettre sur pied et faire en sorte que ça marche. Mon père ne connait pas l’échec. Il travaille dur et pense dur. Il ne précipite pas les choses. Ça va lui prendre beaucoup de temps.
Bien qu’il adore être sur les courses, je lui ai dit qu’il y en a 19 cette année – il peut aller et venir comme il veut. Il peut venir et regarder la course qu’il veut. Il a été à toutes les course que j’ai faites dans ma vie, ça va être une nouvelle expérience pour lui.
J’ai eu un sms l’autre jour et il disait que ça va être sympa de regarder un GP à la maison confortablement installé dans un fauteuil. Il n’a pas fait ça depuis que nous regardions les GP ensemble, ça va donc être une nouvelle expérience pour lui. Il peut relaxer et être fier, j’espère.
Donc, vous avez fait cette étape importante en terme de management et la relation avec ton père. La nouvelle McLaren a l’air bien. Tu as la maturité acquise l’an dernier. Et nous nous dirigeons vers ce qi tu as qualifié de la saison la plus excitante de l’histoire. Tu dois être heureux en ce moment ?
Lewis Hamilton : Je le suis. Je suis probablement dans une position telle que je n’ai jamais eue. Je suis confortable. Je prends beaucoup de plaisirs. J’ai le sentiment du travail bien fait, du travail accompli jusque là – je sais ou je veux aller, mes buts. Et ce qui est important dans ça c’est que maintenant quand j’aurais besoin de conseil, j’ai hâte d’appeler mon père et dire » je veux faire ça, je veux acheter cette voiture ». et au lieu qu’il aborde le sujet du point de vue du manager il dira plutôt » j’adore cette voiture, prends-en moi une aussi »! Je veux ce type de relation. Je suis excité à l’idée d’avoir ce type de relation.
Je veux que mon père sache, je veux que tout le monde sache qu’il sera toujours mon père. Il s’agit d’une progression naturelle. Ce qu’il est entrain de réussir maintenant pour lui est énorme. Il est presque plus célèbre que moi. Les gens que je rencontre me disent « dis bonjour à ton père! » Ils ne me disent pas bonjour à moi. Et ça ça ne va pas changer.
Beau travail Samuel! Cette longue traduction a dû te prendre beaucoup de temps mais c’est une réussite! Merci beaucoup.
Notre Lewis a mûri et j’ai hâte de le voir en pleine action sur le circuit de Bahreïn vendredi!
A bientôt+++!!!+++++++++
Merci! Je suis content que ça te plaise
C’est vrai que ça prend un temps fou et je ne crois pas que je pourrais faire ça tous les jours.
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