Super Aguri, voilà c’est fini
Par Samuel
Anthony Davidson et Takuma Sato n’ont plus de volant. L’écurie Super Aguri, pour laquelle l’Anglais et le Japonais couraient, a annoncé le 6 mai qu’elle se retirait du championnat de F1, faute de ressources. Elle ne sera pas présente, dimanche 11 mai, à Istanbul, sur la grille de départ du Grand Prix de Turquie. Son retrait met au jour la lutte menée par les petites écuries indépendantes pour survivre face aux exigences financières et techniques de la F1.

Arrivée sur les circuits en 2006 avec l’aide d’Honda, qui souhaitait que le populaire Takuma Sato garde un volant en F1, l’écurie japonaise dirigée par Aguri Suzuki n’a pu résister aux difficultés qui s’accumulaient depuis quelques mois. Selon Aguri Suzuki, les problèmes financiers sont notamment dus au retrait inattendu d’un sponsor avant le début de la saison. L’autre souci vient de l’incertitude réglementaire qui pèse sur la F1. Un temps encouragée par la Fédération internationale de l’automobile (FIA), la possibilité de créer une écurie en utilisant le châssis développé par une autre équipe n’est plus acceptée. Or, Super Aguri recevait de l’écurie Honda une aide technique très importante, tout comme des facilités financières. N’étant plus vraiment en règle avec les accords – parfois flous et changeants – passés entre la FIA et la société de Bernie Ecclestone, Formula One Management, qui régissent les aspects commercial et sportif de la F1, Super Aguri avait des difficultés à attirer des sponsors.
Cette obligation de développer son propre châssis provoque aussi des soucis chez Toro Rosso, dont l’une des voitures est conduite par le Français Sébastien Bourdais. Créée à partir de l’équipe Minardi et dirigée par Gerhard Berger, l’écurie tire une bonne partie de sa technologie de ses liens avec Red Bull. Or Dietrich Mateschitz, propriétaire de Red Bull et de 50 % du capital de Toro Rosso, a récemment annoncé son souhait de vendre sa part dans Toro Rosso d’ici à 2010, pour se conformer aux règles. D’où l’obligation pour Gerhard Berger de trouver un nouveau partenaire et des fonds pour soutenir le développement de ses machines.
Le championnat de F1 est donc, plus que jamais, l’affaire de grandes équipes soutenues par des constructeurs. La dernière victoire en Grand Prix d’une équipe indépendante remonte à 2004, avec la première place de Juan Pablo Montoya sur Williams au Grand Prix du Brésil.
Avec LeMonde
[...] Les qualifications du Grand Prix de Turquie, 5ème des 18 épreuves du championnat du monde se sont déroulées avec seulement 20 voitures suite au retrait des Super Aguri. [...]