Toro Rosso a finalement confirmé Sébastien Bourdais comme deuxième pilote. C’est un véritable feuilleton qui s’achève. Interview avec Sébastien Bourdais:

Sébastien Bourdais, vous piloterez pour la deuxième année consécutive une monoplace Toro Rosso cette saison aux côtés du Suisse Sebastien Buemi. Que ressentez-vous au terme de ces longs mois d’attente ?
Ça fait tout simplement du bien de savoir que le programme va finir par se réaliser. Ça met fin à un hiver qui a été long et incertain. On va pouvoir enfin se concentrer à nouveau sur ce qu’on sait faire : conduire des voitures de course !
Etes-vous soulagé ou étonné par cet épilogue ?
J’ai surtout été étonné par toutes ces péripéties hivernales. Le choix du pilote était d’abord lié au fait de trouver des sponsors, puis plus du tout, puis à nouveau. On est passé par tous les états. La situation a aussi beaucoup changé. Dans un premier temps, l’équipe a vu son budget réduit d’un gros pourcentage. Dans un second temps, il y a eu pas mal de mesures d’économie introduites pour la saison 2009. Les cartes ont été constamment redistribuées pour finalement arriver à la situation d’aujourd’hui. Donc au final, c’est plutôt pas mal !
Toro Rosso est, de loin, l’écurie qui a le plus tardé à annoncer son équipe. Comment avez-vous vécu cette attente et cette mise en concurrence avec le Japonais Takuma Sato ?
J’ai essayé de ne pas le prendre personnellement. Je voyais bien que c’était lié au contexte économique : un contexte à la fois compliqué pour l’écurie et pour l’économie elle-même. Mais il y a eu un moment où c’était vraiment dur. La situation était juste infernale. Ça a pris du temps, tout simplement. Au niveau de la concurrence, j’ai bien vu que l’équipe avait un réel désir de fonctionner dans la continuité et de faire une deuxième saison (avec moi). Il y a avait eu un investissement certain l’an passé. On sait toujours que la première saison peut être d’entrée de jeu payante. En ce qui me concerne, on n’a pas vraiment eu de réussite et donc ça aurait été dommage de s’arrêter là. C’était le souhait global du manager Franz Tost, des ingénieurs et des mécaniciens de faire en sorte qu’il y ait une suite à l’histoire car on a vu qu’il y avait du potentiel l’an dernier.
On a longtemps pensé que Sato apporterait plus de capitaux que vous et qu’il serait finalement choisi pour ça. Finalement, quelle était la véritable importance de ce paramètre ?
Dans un premier temps, c’était effectivement essentiel et puis quand toutes les mesures se sont accumulées pour économiser sérieusement de l’argent, il a été annoncé que Red Bull sauvait sur ses deux écuries 100 millions de dollars. D’un seul coup c’est devenu beaucoup moins un souci et je suis revenu sur le devant de la scène par rapport à leurs préférences initiales. Auparavant, Nicolas Todt (l’agent de Bourdais, Ndlr) a cherché par tous les moyens des partenaires. Mais ça ne s’est pas déroulé comme il le voulait en raison du contexte économique difficile. Aujourd’hui, l’essentiel est assuré : on se retrouve dans une position où l’on peut faire un programme sportif intéressant.
Quelle bilan tirez-vous de votre première saison chez Toro Rosso ?
On a, je crois, une saine relation. Mais malheureusement, après un début de saison correct où j’étais régulièrement au contact soit devant soit derrière Sebastian Vettel (son coéquipier en 2008), la seconde voiture (la STR3) est arrivée. Vettel en était heureux mais moi je ne suis pas parvenu à bien me sentir, à trouver du feeling, dans cette voiture. Le seul problème a été de ne pas trouver de solution parce que ce n’était pas nous qui faisions le développement. La situation n’était simple à gérer ni pour moi ni pour eux d’autant que tout le monde avait envie que ça se passe bien. Maintenant, nous repartons sur des données bien différentes avec le changement de règlementations et une voiture totalement nouvelle. On espère que tout ira pour le mieux.»
Ces propos ont été recueillis par Gaël NIVOLLET pour lequipe.fr


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